Hélène Caussignac


L'adolescence du coeur


Un roman initiatique
L'adolescence du coeur raconte à deux voix les histoires imbriquées d’Elisa qui, à l’aube de ses quarante ans, prend conscience que sa vie ne la satisfait pas quand elle reprend contact avec un amour inachevé d’adolescence, et de Maxime, son fils de seize ans, en proie à la douleur immense de son premier chagrin d’amour.
Sur leur chemin pour apprivoiser leurs souffrances humaines, ils vont rencontrer des personnes atypiques, se rapprocher, et découvrir la magie de la vie qui, pour peu qu’on lui accorde de l’attention, guide les êtres dans la quête universelle de la recherche du bonheur véritable.

Au début, Elisa
Quand je me suis réveillée, ce matin, ma première pensée consciente a été « ça y est, j’ai quarante ans, cette fois, je suis vraiment passée de l’autre côté, dans la deuxième partie de ma vie ». Puis l’idée est passée. C’est lundi et donc, je me suis levée et je suis descendue à la cuisine préparer le petit déjeuner comme tous les matins. On est en plein hiver, il fait encore nuit, et surtout froid. La maison est entièrement silencieuse, je suis, sans surprise, la seule debout si tôt. En frissonnant, je décide qu’une fois n’est pas coutume, pour mon anniversaire, je vais m’offrir le luxe d’une petite flambée du matin. C’est pourquoi je gratte juste un peu dans les cendres d’hier et je place rapidement quelques feuilles de vieux journaux, une poignée de petit bois et deux belles bûches dans le foyer de la cheminée.
Je craque une allumette et mets le feu au papier. Tandis qu’il prend, je contemple l’allumette qui se consume lentement.
La vie ressemble à ça, un bâton qui se consume peu à peu sans qu’on s’en rende compte et qui à la fin vous brûle les doigts…

Au début, Max
J’ai fini mon petit dej à la bourre, parce que, comme d’hab, je lisais un manga en même temps. J’ai réussi à éviter le tout aussi habituel sermon de mon père et, attrapant mon blouson à la hâte – ma mère aurait été contente – je suis sorti en trombe et j’ai foncé au lycée. J’ai attrapé le bus in extremis, ouf. Je prends le quarante deux à l’arrêt de la gare pour aller au Lycée Renoir à Cagnes sur Mer, c’était plus pratique au collège où j’avais juste quelques rues à faire à pied. Mais en même temps, mes parents étaient bien plus au courant de ce que je faisais à l’époque. Depuis le lycée, j’apprécie cette nouvelle liberté. Le trajet ne dure que dix neuf minutes, et aujourd’hui, je commençais à neuf heures, c’est pourquoi je pouvais me permettre de trainer un peu. Si jamais je ratais le bus de sept heures cinquante six, je pourrais toujours prendre celui de huit heures vingt six. Mais de toute façon, je suis pressé d’aller à l’école ces temps-ci, aussi bizarre que ça puisse paraître à mes parents. Mais bien sûr, ce n’est pas à cause d’un intérêt tout neuf pour les études.
Quand je suis arrivé devant la grille, j’ai tout de suite vu Jade qui m’attendait pour entrer.
Jade est ma copine depuis le printemps dernier.