Hélène Caussignac

Helene Caussignac

La maison de notre conscience

La conscience, c'est la connaissance subjective que l'être conscient a de son environnement (conscience du monde) et de son corps (sensation), ainsi que de son esprit (conscience de soi).

La neuropsychologie explique que toute expérience, c’est-à-dire la manière dont nous vivons quelque chose, est soit une sensation, soit une image, soit une émotion, soit une pensée.
Des psychiatres et chercheurs en psychologie émérites, tels que Jacques Lacan ou Carl Gustav Jung ont étudié de manière approfondie la psyché humaine et leurs conclusions ont été que le moi psychologique (ou l’égo) n’a aucune réalité objective, que c’est une coquille vide remplie de l’identification aux être aimés et proches de la tendre enfance d’abord, puis par des modèles et idéaux successifs adoptés par chacun au cours de sa vie. Lacan disait que la croyance en un égo possiblement autonome et libre est pure folie. Jung a démontré que, pour nous adapter aux attentes de nos parents puis de la société, nous nous dissimulons sous des masques (qu’il appelait la persona), c’est-à-dire que nous jouons des rôles, nous faisons nôtres des conduites que nous savons, ou estimons, valorisées par la société ou les personnes à qui nous désirons plaire. Ainsi, nous en arrivons à nous définir par nos diplômes, notre profession, notre situation familiale, faisant ainsi taire nos aspirations les plus profondes.

La métaphore de la maison explique bien la conscience de manière imagée. La maison de notre conscience comprend plusieurs niveaux. Le niveau le plus souvent utilisé est le salon. Il symbolise ce que la psychologie appelle le conscient, ce sont les sentiments, les motivations et les ressentis dont nous avons conscience et à partir desquels nous vivons. En dessous, il y a la cave, sombre et sans fenêtre, qui symbolise notre inconscient inférieur, dans lequel est stocké tout ce que nous préférons ignorer, dont nous n’avons pas envie d’entendre parler, nos peurs, ce dont nous avons honte, nos désirs malvenus. Au-dessus des pièces à vivre, il y a le grenier, aéré par des lucarnes qui ne peuvent se fermer et au travers duquel le vent circule librement, parfois habité par des oiseaux mais dans lequel on ne monte pas très souvent. Il symbolise notre inconscient supérieur, celui qui est relié à l’invisible, le siège de notre intuition et des possibilités cachées de nos âmes.

Les sensations, images, émotions et pensées se produisent à l’intérieur de la conscience (ou devrait-on dire, à l’intérieur de la « petite » conscience qu’en tant qu’humain nous avons de la conscience) dans la métaphore de la maison, c’est notre salon. Ces sensations, images, émotions, ou pensées proviennent souvent de ce que la psychologie appelle l’inconscient, qui regroupe tout ce qui n’est pas à la portée de notre conscience « consciente » car refoulé parce que jugé immoral ou non approprié par cette même « conscience consciente ». L’inconscient est en quelque sorte tout ce qui est dans la conscience sans qu’elle-même le sache – dans la métaphore de la maison, c’est la cave. Parfois, ce qui arrive dans le salon, peut venir aussi du grenier, dans ce cas, nous ressentons une impression de nouveauté, de fraicheur et de joie caractérisée par les pensées intuitives et libres.

Pour autant, tout fait partie de la conscience et donc, en réalité, l’expérience n’est qu’une somme de sensations, d’images, d’émotions et de pensées. Toutes les expériences perceptuelles et cognitives ne sont que la conscience et ses attributs. L’univers entier n’est rien d’autre que cela, la conscience universelle qui fait l’expérience d’elle-même sous forme de sujets et d’objets.




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