Hélène Caussignac

Helene Caussignac

Méditer, pour quoi faire?

Notre civilisation, notre culture sociétale actuelle, sont ainsi faites que nous courons du matin au soir, après des choses que nous pensons, bien sûr, être ce dont nous avons besoin, mais qui, au niveau profond de la dimension de l’être en nous, sont totalement futiles.

A cause de notre investissement presque à 100 % sur ce genre d'activités, nous sommes tout le temps dans la dimension de l’avoir et du faire, et nous avons perdu notre connexion avec notre être.
La méditation permet, en premier lieu, de se poser, d'arrêter ce mouvement incessant de « toujours plus », dans lequel, qu'on en ait conscience ou non, on court, on essaie d'atteindre quelque chose qui n'est pas là. On court après le bonheur, ce qui signifie qu'on ne voit pas le bonheur qui existe dans l'instant présent puisqu’on le cherche ailleurs, plus tard…

La méditation, c'est s'asseoir et rester là, tout simplement. Cela permet, au moins, de créer un espace dans lequel on ne court pas. Et cet état d'être là, même si on ne va pas plus loin, est déjà reposant et ressourçant, juste en lui-même.

La deuxième étape consiste à descendre en soi-même, ce que l'on ne fait jamais dans la vie, pour les mêmes raisons que citées il y a un instant : on ne fait que courir, on n’a pas le temps de s'interroger pour savoir comment on se sent dans notre course infinie.

La seconde étape du processus enclenché par la méditation est donc de descendre en soi-même.

La méditation permet de se recentrer à l'intérieur de soi, au lieu de se centrer, comme d'habitude sur le monde matériel qui nous entoure. Et en se centrant sur soi-même, on commence à prendre conscience de pas mal de choses. Cela permet, en premier lieu, de se rendre compte que des tas de pensées tournent sans arrêt dans notre tête, sans qu’on en ait conscience. Quand on est assis, là, sans rien faire, à juste respirer et regarder ses pensées, on en prend un peu plus conscience.

Parfois cela peut sembler désagréable, parce qu'on va tomber, bien sûr, sur des pensées souffrantes, difficiles ou dérangeantes qui, en général, dans la frénésie de nos vies, aidées par nos résistances et nos défenses, restent inconscientes. Cela peut donc sembler désagréable, mais c'est ainsi qu'on se rend compte, peu à peu, comment nos pensées créent notre réalité.

Si on réussit à persévérer dans la démarche de méditation, à l'étape ultime, celle-ci permet de se recentrer sur soi, de comprendre nos propres fonctionnements internes et inconscients, puis, grâce à cette compréhension, de les transcender et ainsi de changer notre vision du monde. La méditation nous permet de devenir bien plus nous-même, le nous-même qui sait bien mieux que la part de nous que nous laissons être aux commandes de nos vies la majorité du temps, où et comment être heureux. Et en cela, la méditation guérit notre humanité blessée.


La méditation, si elle était enseignée à l'école, permettrait certainement de surmonter la plupart des problèmes du monde en une génération.

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